Et soudain, c’est comme si les grelots se changeaient en larmes

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On entend tellement de choses. Il faut vivre, ils ne gagneront pas, je suis en terrasse, aimons-nous, Fluctuat nec mergitur, pray for Paris, oui mais on a peur quand même, ça aurait pu être moi / mon mec / mon docteur / mon poisson rouge, reprends du saucisson, Paris est une fête, putain de merde quand même, imagine all the people, Liberté Egalité Fraternité, même pas peur, et puis encore tant d’autres choses

Les mots sont nécessaires, et pourtant, parfois ils sont si insuffisants. Dimanche, je tournais en rond toute la journée, d’autant que l’appart était toujours dans l’état de la soirée de la veille. Alors j’ai fait la seule chose que je pouvais faire, je suis sortie prendre des photos. A deux pas, la place de la République, illuminée, des centaines de personnes qui se recueillent. Ca sent la cire chaude et l’encens, l’odeur est réconfortante.
Il y a des gens qui chantent, des gens qui pleurent. Notre belle statue de Marianne a été couverte de mots, de papiers, de fleurs. Elle a peut être été défigurée par tout cela, mais c’est aussi le signe que la population reprend le contrôle de ses symboles, je trouve ça plutôt positif.

Il y a un homme qui est là, qui dépose un petit drapeau, « pour Cédric ». Ses larmes me bouleversent, je me sens pathétique de prendre des photos dans un moment pareil. Pourtant, c’est aussi pour rendre un hommage aux victimes et à ceux qui les pleurent que je le fais…

J’y étais quand tout le monde s’est mis à courir, toute la foule a fui vers le côté opposé à chez moi, on ne savait pas ce qui se passait, j’ai eu la peur de ma vie. On est entrés dans une salle de sport, descendus au sous-sol, je suis tombée dans les escaliers, mon cerveau a oublié qu’on ne peut descendre 6 marches d’un coup sans tomber. Finalement c’était une fausse alerte, des gens qui ont lancé des pétards (je ne dirai rien de la colère qui m’assaille en repensant à ça !). Je suis rentrée chez moi, non sans avoir perdu mon téléphone au passage (il est tombé et on me l’a volé… 2 minutes plus tard il n’ était plus à l’endroit où je l’ai laissé dans la course). C’était le grand ménage à l’intérieur de l’appart, et je ne savais plus quoi faire.
Il faut continuer, ne pas avoir peur, sinon ils ont gagné, qu’on dit. Oui, je suis d’accord. Oui, trois fois oui. Mais ce n’est pas si facile que ça.
Chaque matin, chaque soir, voir ces lumières qui brillent sur la place quand je vais prendre le métro me donne une furieuse envie de pleurer. Comment on fait pour ne plus avoir peur ? Je ne sais pas.

Je me sens désemparée quand je vois mes élèves effrayés, quand ils me demandent si des méchants vont attaquer l’école. Moi, il n’ y a personne pour répondre à mes questions et me rassurer, alors je ne me sens pas légitime pour le faire. J’ai envie de pleurer quand je les vois se disputer alors qu’on vient d’expliquer pourquoi il était important de vivre en paix. J’ai l’impression de n’avoir pas bien géré ce temps d’échange, lundi, parce je suis trop choquée encore par ce qui s’est passé, et tout ce que ça implique. Parce que j’entends les collégiens qui font un bruit pas possible dans un couloir, au dessus de nos têtes, et que ma première pensée est « mon dieu on dirait un mouvement de panique ».

Je ne sais pas comment continuer ce travail nécessaire sur les valeurs de notre pays, l’importance de la liberté. Ils ont 6 ans, ils sont si petits. Les recommandations et pistes du gouvernement pour en parler avec eux ne m’ont été d’aucune utilité. Il parait qu’il fallait intégrer ce qui s’est passé « dans les programmes »… non mais au secours, je me demande si les personnes qui ont pondu ce texte fréquentent des enfants.
Il faudra trouver, et je le ferai. Il y a déjà des idées qui me viennent, le poème d’Eluard, la Liberté guidant le peuple, rappeler ce que veulent dire notre devise et nos valeurs, et puis pourquoi pas un projet photo avec la classe, après tout, c’est parfois ce que j’arrive à faire de mieux, la photo.

Mais pour l’instant, l’émotion est trop grande, je ne peux pas penser de manière rationnelle. Il faut prendre du recul, mais pour l’instant, c’est comme quand je prends des photos avec mon 50mm, c’est trop zoomé, et arrive le moment où je ne peux plus reculer car je bute contre le mur.

Alors en attendant, je reprends mon petit appareil, et je fais ce que je peux, pour oublier un peu, pour me consoler et aller mieux.

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Ces photos m’appartiennent et ne sont pas libres de droits.

Prenez soin de vous

Hier

12227127_10153317088159220_4629529179170930014_nHier, j’ai passé une journée difficile. Je peinais à faire travailler mes élèves, surexcités. Je me suis arraché les cheveux pour leur faire comprendre les tables d’additions, et quand j’ai lancé une fiche que j’avais mis 30mn à faire sur l’ordinateur pour que ce soit plus sympa, plus coloré pour eux, l’un de mes élèves a dit « Pfff c’est nul. » Ca m’a désespérée et j’ai failli me mettre à pleurer. Après 16h30, rien ne marchait, l’imprimante, le scanner, la photocopieuse. J’ai craqué, je pleurais, en me disant que je n’y arrivais pas, que mes élèves ne sauraient jamais lire ou compter d’ici la fin de l’année.
Puis je me suis dit que j’allais me changer les idées, j’avais un rendez-vous avec un ami. Nous avons bu un cocktail et mangé du chorizo, en choisissant le film prévu pour notre séance cinéma de dimanche. On s’est vus rapidement, il devait filer au stade de France, il m’a dit que c’était la première fois qu’il allait voir un match, puis qu’il irait faire la fête avec ses amis venus le voir de loin.
Puis je suis rentrée chez moi, par République, et je suis ressortie avec un ami un peu plus tard. Nous avons marché dans les rues, riant, erré longtemps avant de trouver un bar. J’aime tant marcher dans le quartier, c’était agréable.
Vers 22h30, mon coloc m’a appelée pour savoir si j’étais à la maison. Je m’étais trompée et avais pris ses clés le matin, je pensais qu’il voulait les récupérer. Le bar était bruyant, je sirotais mon mojito en collant mon oreille contre le téléphone pour bien l’entendre. Quand je lui ai dit que j’étais dehors et que je n’étais pas rentrée, il m’a répondu « ne rentre pas alors, il y a des fusillades autour de chez nous ».

« Pardon ? »

Qui pourrait croire en France qu’il entendrait un jour cette phrase ?
Ce n’était pas possible, autour de moi, les gens continuaient de boire, rire, faire des selfies et refaire le monde. Le match diffusé sur un écran continuait de tourner comme si de rien n’était. J’ai emprunté le portable d’une personne a coté pour regarder internet, avant de voir les premières informations. Plusieurs attaques dans le 10e et le 11e, pas loin de chez moi. Le stade de France. Prise d’otages au Bataclan. Ca n’avait aucun sens.
J’ai appelé, ma maman d’abord, pour la rassurer. Puis un ami qui vit juste à côté d’où j’étais pour pouvoir aller chez lui plutôt que de me balader dans les rues. Autour, les gens continuaient de parler et rire. Sauf la table de derrière qui nous avait entendus parler et regardaient à leur tour les infos. Puis les serveurs ont basculé la télé sur la chaine d’informations. Soudain, tout le monde avait le nez rivé sur son téléphone. Les appels ont commencé à pleuvoir, les gens qui me demandaient si j’allais bien car le mot république était partout aux informations et c’est aussi ce mot là que je prononce quand on me demande où j’habite. Le père de mon ami qui est plus que bien placé pour savoir en avant première ce qui se passait lui a dit de surtout rester où il était.
Je dis qu’on va partir, je rappelle mon ami qui vit aux halles. Il me dit que des rumeurs sur europe 1 parlent de fusillades actuellement dans le quartier des halles. On fait quoi ? On reste à l’abri dans le bar ? On s’en va ? C’est à peine à 5mn, alors on y va et sans trainer. Les rues sont désertes, tout est si calme. Même si je suis accompagnée, j’ai peur.
Je pousse un soupir de soulagement quand on rentre dans l’immeuble de mon ami. Sa télé est branchée sur les infos, on suit, on répond aux appels, on envoie des textos. Mon portable n’a plus de batterie avant que j’ai pu rappeler mon ami qui est au stade. Ouf, au moins ma maman est au courant que je vais bien et il y a facebook. On regarde les infos, hébétés. Vers 1h, on parle d’une centaine de morts au bataclan… Pendant ce temps, on reste en contact avec les autres, des gens manquent à l’appel, on fouille sur facebook pour trouver les profils des frères, soeurs, copains pour les contacter. Une amie m’apprend que son amoureux était au Bataclan, qu’il s’est enfui pendant une accalmie. Elle lui avait fait la tête avant parce qu’il ne lui avait pas pris de place pour le concert. C’est inimaginable.
Régulièrement, les journalistes disent l’heure, on ne voit pas passer le temps. « Il est 4h du matin, nuit d’horreur à Paris… ». Je finis par m’assoupir plusieurs fois. Chaque fois que je me réveille, je mets plusieurs secondes à me rappeler de ce qui vient de se passer.
Le matin, les cloches de l’église à côté me réveillent, on dirait un hommage funèbre

Nous sommes sonnés, et quelques personnes manquent toujours à l’appel. Moi, je n’ai toujours pas mon téléphone, je pense à ceux qui essaient sans doute de m’appeler. Je me demande toujours si je dois rentrer, mais bon, je ne vais pas rester à attendre là toute la journée. Nous sortons acheter un pain au chocolat, il y a des gens qui font leurs courses, la vie continue. Par contre, quand je rentre, les restaurants sont vides. Je traverse le forum des halles, toujours noir de monde. Le lieu déserté avec ses illuminations et sapins de Noël installés semble irréel, toutes ces décorations sont si déplacées.
Dans le métro, les gens ont tous une mine grave. J’essaie de ne pas penser qu’on n’est en sécurité nulle part, que ça pourrait recommencer, là où je suis. Au supermarché, la vie continue, je fais quelques courses, ça fait un bien fou que ma seule préoccupation soit de choisir entre les yaourts à la fraise et ceux à l’ananas. Je rentre, le quartier est extrêmement calme.

Mon portable branché, je vais aux nouvelles. Les sms pleuvent littéralement pendant que je rappelle mes parents. Il faut du temps pour rassurer tous ceux dont je n’ai pas reçu les messages hier, recontacter les autres. Une amie qui dormait à poings fermés cette nuit et qui vit pile dans le quartier touché répond enfin, ouf.
Puis l’ami qui m’a hébergée et qui s’est inquiété toute la nuit pour deux personnes qui étaient au Bataclan m’apprend qu’elles sont mortes. Je ne les connais pas, mais je les pleure. Je ne comprends toujours pas. Je suis seule dans l’appart, vide. J’étais censée faire du ménage parce que ce soir on fête l’anniversaire de l’amoureuse de mon coloc. Je ne peux rien faire, à part passer des sites d’infos aux réseaux sociaux, et recommencer. J’ai envie de prendre quelqu’un dans mes bras. J’ai envie d’aller voir des inconnus dans la rue et leur dire que je les aime, parce qu’ils sont comme ceux que j’aime, ou comme moi.

Il n’y a aucune différence entre tous ces gens qui profitaient d’un concert, d’un bon restaurant, d’un verre entre amis et vous et moi. Ils étaient juste au mauvais endroit au mauvais moment. Je vois tous ces visages rieurs, joyeux dans les avis de recherche. Une étrange pensée, dans ces circonstances, me traverse l’esprit : « tous ces gens sont tellement beaux ». J’ai le coeur en mille morceaux.

A Paris, on connait tous quelqu’un qui a perdu un proche ou qui a réchappé de peu à ces fous. En discutant avec mes amis, on a mille choses à dire, parler de celui qui a été sauvé parce que 5mn avant d’arriver au restaurant attaqué il s’était arrêté acheter des clopes, ou celle dont l’ami est au moment où nous parlons au bloc opératoire… Ce ne sont pas « seulement » quelques centaines de personnes qui ont été victimes de ces attaques, c’est toute la société, c’est toute l’humanité.
Cela, chaque parisien le ressent, car c’est devenu notre réalité. Cela peut paraitre loin lorsqu’on s’éloigne de la capitale, mais non, ce sont tous les êtres humains qui ont été agressés hier.

Cela me fait rire ce matin en lisant les informations qui annoncent qu’une voiture a été retrouvée à Montreuil, que des gens de Montreuil se demandent ce que faisaient les terroristes dans leur ville. Mais que faisaient-ils rue de Charonne, boulevard Voltaire, rue de la Fontaine au roi, rue Bichat ?? Que faisaient-ils chez nous ?? Pourquoi Paris aurait plus de raisons d’être la cible d’attaques ? Pourquoi n’importe quel endroit serait plus à même de justifier qu’on puisse tuer des innocents, supprimer ce qu’il y a de plus sacré sur terre, la vie ?
Ce matin (j’ai commencé à écrire hier après-midi ce billet qui est resté dans les brouillons), le soleil brille et l’appart sent le tabac froid. Des verres, des mégots, des coques de pistaches trainent un peu partout, avec le gateau au chocolat dont le glaçage a fondu. Nous avons décidé de maintenir la soirée d’anniversaire, pas tellement en se disant « nous sommes courageux et ils ne nous feront pas peur ! ». Non, juste parce que les personnes présentes hier avaient un besoin immense de tendresse, de chaleur humaine, de manger, boire, rire et danser un petit peu, juste pour se réconforter, se serrer fort et se dire qu’on s’aime.

Mais la peine est encore là.
Ce matin, nous sommes en deuil de 129 humains (et encore, ce n’est pas fini), et notre peine est immense.
Une pensée pour eux, pour leurs familles, leurs proches. Et puis pour nous tous, car nous avons été tous touchés. Serrons-nous fort et aimons-nous. Disons à ceux qui nous entourent, qu’on les aime, bordel, et puis au diable la pudeur.

Plus tard, quand la douleur sera un peu atténuée, nous pourrons profiter de la vie, aller crier dans la nuit étoilée qu’il y a tant de belles choses à vivre.

(un joli moment… Je trouve juste assez triste que les gens ne pensent qu’à filmer au lieu de profiter, de se prendre dans les bras)

(ce billet est publié avec tout ce qu’il comporte d’émotion, de choc, de réactions à vif. Je ne suis pas particulièrement à plaindre, je n’ai perdu personne dans mes proches directs, je n’ai pas vécu ces atrocités. Mon but n’est pas de m’apitoyer sur mon sort (au cas où cela pourrait être lu de cette manière), juste un besoin de ressortir tout ce qui déborde depuis vendredi soir. Je me dis que je ne fais que parler de moi, peut-être que c’est parce que si je pense trop à ceux qui ont eu moins de chance, l’émotion me submerge.)

DSC_0399-2La dualité entre la dureté et la beauté de la vie ne cesse de me fasciner…
Il y a tant de choses tristes, révoltantes qui arrivent chaque jour dans le monde, et autour de nous. Cette semaine, j’ai vu un ami craquer et c’était si douloureux d’entendre ce qui lui arrivait. Je me disais que finalement, j’avais eu beaucoup de chance dans ce qui m’était arrivé récemment, pensée qui aurait été inimaginable il y a quelques temps.

Et puis il y a des soirées, avec cette lumière incroyable, se promener dans les Tuileries et sur les quais, regarder le coucher de soleil sur un pont pendant qu’un musicien joue des balades romantiques. Oser demander à nouveau à un couple si je peux les prendre en photo.
Se promener jusque Shakespeare and company, juste parce que ça faisait trop longtemps que je n’y étais pas allée. Faire des projets en passant devant un petit restaurant.
Recevoir un message que je n’attendais plus et sourire
Revoir une personne perdue de vue pendant 2 ans, se dire qu’on va boire un verre deux heures, et finalement passer toute la nuit dans Paris, laisser la nuit nous porter et avoir l’impression qu’à nouveau, une amitié nait.
Ces derniers temps, ma vie est tellement remplie que les amis à qui je ne parle pas plus de plusieurs jours d’affilée se retrouvent perdus dans les méandres de mes péripéties. C’est assez fatigant, mais tellement agréable de se sentir vivant. Dans quelques années, il est probable que tous ces souvenirs me feront sourire…
Passez une belle semaine

Rêverie

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New York I love you but you’re bringing me down (chanson planante parfaite pour se laisser porter lors d’un voyage…)

Il y a quelques jours, j’ai pris le train, et il y avait cette inconnue en face de moi. Elle avait un air familier, un petit air de Sophie Marceau et en même temps ressemblait à mon amie C.
Elle regardait d’un air rêveur par la fenêtre, c’était si poétique, et je brulais d’envie de la prendre en photo. Il y a quelque chose qui me plait dans les portraits dans les transports… Ce sont des lieux de passage, de transfert, et pourtant, ils deviennent des lieux de vie, où les gens mangent (prendre le train à 16h, c’est comme un gouter géant dans tout le wagon), lisent, téléphonent, dorment… Il n’y a finalement que dans les transports, que l’on voit des gens ne rien faire d’autre que regarder pensivement par la fenêtre (et encore, ça devient de plus en plus rare).

Je lisais un petit roman (Le chevalier à l’armure rouillée dont je parlais dans mon billet précédent), qui parlait du fait d’oser, que l’on ne perd rien à essayer, et je me suis dit « mais finalement, pourquoi avoir peur de lui demander ? Au pire, elle dit non et puis voilà. Au mieux, j’aurai de jolies photos ».
Et donc, moi qui suis timide, j’ai osé, et elle a dit oui. Tout simplement. L’occasion de discuter un peu, et de lui donner une adresse pour qu’elle voie mes photos. J’aime les rencontres d’inconnus que m’apporte la photo depuis que j’ose plus faire ce genre de choses.

Pour le reste, on peut imaginer en voyant les photos sa vie, ce à quoi elle songeait… une part de mystère 🙂

DSC_0075-2 DSC_0091-2 DSC_0072-2 DSC_0096-2DSC_0048-2Quelle photo préférez vous ? (je n’arrive absolument pas à être objective donc des avis extérieurs sont les bienvenus 🙂 )

(It makes me) Smile

IMG_0301-2Oui je ne cesse plus de faire ce genre de billets, mais j’ai l’impression d’amasser précautionneusement dans ma besace tous ces petits moments si précieux et je ne me lasse pas de les recompter, encore et encore, de les ressortir et les admirer.

Un repas avec des amis après le vernissage de leur expo photo

Des litres de thé au jasmin et orange is the new black partagés avec mon coloc après une dure semaine, se raconter nos dernières péripéties. Se redire que le hasard (dont je parlais il y a peu) fait tout de même parfois bien les choses.

DSC_0327La dernière récréation avant les vacances, avec les collègues qui craquent. Paradoxalement, j’aime toujours ces moments où les nerfs qui lâchent nous font partager des fous rires.
Dire bonnes vacances aux enfants, me dépêcher de partir ranger ma classe en songeant à la bonne soirée que je m’apprête à passer.

Un après-midi entre copines avec du thé et des muffins pomme-cannelle

Piquer emprunter deux livres et sentir ma panne de lecture passagère s’envoler en dévorant pendant une heure le début de Boneshaker, que je voulais lire depuis très longtemps. Quand je viens chez quelqu’un, la première chose que je fais est toujours de regarder ses livres, et je crois que les livres que je préfère lire sont ceux que j’emprunte à des gens que je connais. J’ai comme l’impression d’être plus proche d’eux, que l’on partage quelque chose.

DSC_0051-2Une adorable attention avec une tablette de chocolat au caramel rapportée de Suisse. C’est juste une tuerie et la tablette ne fera pas long feu !

Ecouter M.I.A. très fort en me préparant avant de sortir

On me dit parfois qu’il ne faut pas grand chose pour me rendre heureuse, et c’est vrai, notamment pour la nourriture. Je ne dirai jamais non à un bon restaurant, mais au final, rien ne m’a fait plus plaisir  ces derniers jours que de savourer installée tranquillement sur le canapé un steak qu’on m’avait préparé, et cuit à la perfection

Traverser Paris sur les quais, passer devant la Tour Eiffel, contempler les arbres qui se parent de leurs couleurs d’automne en sentant le soleil à travers les carreaux, et se sentir bien

Sourire en pensant que la vengeance est un plat qui se mange froid, et réaliser que finalement, je n’ai plus d’envie de me venger car je vais de l’avant. Et sourire encore plus fort, en repensant à la chanson de Lily Allen

But then I just smile
I go ahead and smile

Ce qui est précieux

DSC_0329-2Parce que mon week end est passé trop vite et que ce billet est resté dans les brouillons avec un simple titre, même pas le temps de rédiger quoique ce soit, alors que pourtant ce devait être rapide…

Comme c’est doux de ne pas voir le temps passer. J’ai dormi plus de 13h dans la nuit de vendredi, et ai ensuite profité du beau temps pour sortir marcher. Mon nouveau quartier me permet de faire de nombreux trajets à pied, et avec les belles journées ensoleillées d’automne, il n’y a rien qui me fait plus plaisir que de mettre mon casque sur les oreilles et de partir en balade.

(J’ai réentendu il y a quelques jours  cette chanson de Noah and the whale, et je trouvais le titre tout à fait de circonstance…)

J’en ai profité pour faire quelques achats, une ceinture indispensable (les soucis m’ont fait fondre cet été, j’ai du mettre de côté certains pantalons qui étaient devenus trop grands !), et puis des chaussettes motif renard (on ne se refait pas) ainsi qu’une chemise à carreaux, parce qu’on n’a jamais trop de chemises à carreaux.
En sortant d’un magasin, je suis tombée sur un ami aux halles, et les parisiens savent que ce genre de coïncidence est quand même rare…
Une petite balade improvisée en sa compagnie, m’a fait penser au hasard. Il est partout dans nos vies, et parfois, je suis stupéfaite quand je vois où il peut nous conduire. Il suffit de tellement de hasards superposés pour que notre vie prenne une direction inattendue, cette semaine en fut la preuve.

Une journée qui se termine par quelques burgers avec des amis, et l’appart qui se transforme en piste de danse, puis se coucher tard, ou très tôt, c’est selon… Partager le petit déjeuner, ce qui change de la semaine où nous courons partout.
J’aime me rendormir en entendant du bruit en bas, savoir que je peux rester au chaud mais que la vie continue.
Mon inscription au CRPE finalisée, on remet le couvert ! J’ai enfin mon carton de bouquins, il va falloir s’y remettre sérieusement maintenant.

Prendre un moment pour cuisiner, un moment juste à moi, qui fait du bien.
Revoir mon ami T., se dire qu’il y a peu, il n’était pas dans ma vie, et me dire que j’aurais manqué quelque chose s’il n’y était pas rentré.

Les messages de groupe non stop avec les copines, dont une est à New York (la veinarde !!), partager tout, malgré les kilomètres.

Revoir mes collègues et mon ancienne école, certains de mes anciens élèves. Une bouffée de nostalgie de revoir cet endroit où j’ai passé des moments tellement forts…
Recevoir un message de C., qui est partie de Paris et qui me manque tant, qui me fait rire en me racontant comment elle imite Katniss dans les bois de sa campagne pour communiquer avec les geais moqueurs. Un petit message drôle, et pourtant si touchant, ce sont ces petites choses qui signifient ce qui est précieux.
Il y a tant d’amour à donner à tous ces gens qui nous entourent, je ne cesse de me le dire.

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Et puis une jolie soirée pour faire passer le blues du dimanche soir. Et un ciel flamboyant, lundi matin, tôt, comme je n’en avais jamais vu sans doute, qui fait oublier qu’on est lundi, qu’il faut aller travailler, que j’étais en retard…Non, tout cela n’avait plus d’importance. Un instant si rare que finalement, aucune photo ne lui rendrait justice.
Bientôt, ce seront les vacances, une pause, une respiration, et puis je vois mes élèves qui progressent déjà. C’est dur, car certains ont de grosses difficultés, et ils n’écoutent pas toujours, mais on va se battre ensemble. J’ai envie d’avoir confiance en l’avenir.

Bonne semaine !

Il suffirait de presque rien…

DSC_0735Un rire avec une amie

Un inconnu qui me sourit dans la rue

Relire avec émotion les mots du Petit Prince

La chanson d’un ami qui dit si justement cette situation que nous avons vécu tous deux, et les mots qui m’ont fait pleurer

Apprendre le bonheur de quelqu’un qui m’est cher

Se balader le soir dans mon quartier en faisant des photos

Un petit dej le dimanche sur une terrasse au soleil dans un salon de thé trop mignon

DSC_0678-2Revoir mes amis, et ce sentiment si familier avec eux, puis songer que ça fera bientôt dix ans que l’on se connait

Voir Notre Dame dans un camaieu de rose, orange et violet tous les matins dans le métro

Me rendre compte que je peux à nouveau réécouter la BO de Marie Antoinette et danser dans la rue mon casque sur les oreilles comme si le reste du monde n’existait plus

Faire des tonnes de photos et me pousser pour parler à des inconnus. Il y avait cet homme dans la rue qui était si élégant, j’ai osé aller le voir pour prendre des photos et lui parler. Il m’a dit qu’il était gérant de la friperie juste en face, nous avons un peu discuté, et c’est si rare à Paris

Les amis et leurs tonnes de mots gentils. Savoir qu’ils sont de mon côté. Qu’ils ont aussi été là pour critiquer, juste parce que j’avais besoin qu’on me remonte le moral.

Les conversations de mes élèves qui me font mourir de rire sur le chemin de la piscine : « les chevaliers c’était avant même la maitresse ! »

Revoir la Boum lorsqu’il passe à la télé, encore une fois, toujours savourer et bondir en voyant le nom d’une piscine dans le film, car c’est justement celle où je vais avec ma classe !

L’air frais et revigorant le matin quand je sors de l’appartement et mon petit bout de chemin en musique pour croiser la dame de la République qui me salue

Ecouter en boucle, comme un mantra, la version de Cake d’I will survive, avec ces cuivres magnifiques. Cette chanson est belle comme une soirée tiède d’aout lorsqu’on est ébloui par les rayons du soleil couchant

Et puis voir surgir par hasard un garçon, me dire que je ne sais pas où ça me mènera, mais ça ne fait rien. C’est si bon de se sentir vivant.

Il suffirait de presque rien pour que le bonheur reprenne le dessus…
Bonne semaine par ici

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Dimanche en photo musical

Bon un jour je publierai d’autres types d’articles… Mais en attendant,j’aime bien ce nouveau rendez-vous placé sous le signe de la photo.

J’avais dit par ici il y a quelques temps que j’étais allée faire des photos chez un luthier à côté de chez moi

Deux de ces photos ont été exposées cet été à la médiathèque de Levallois (les deux dernières), j’étais ravie !

Petite sélection de cette série en compagnie des suites pour violoncelle de Bach… l’instrument que vend ce luthier.

DSC_0578-2 DSC_0662-2 DSC_0628-2 DSC_0603-2 DSC_0670-2 DSC_0605-2Bon dimanche ensoleillé !

Dimanche en photo : une éclaboussure de couleur

12049621_10153222193404220_6959772567724516115_nQuelle semaine épuisante. Je suis tombée malade, le rythme à l’école est très soutenu, et nous avons des réunions tous les jours en ce moment… Et puis il y a le reste qui déborde encore de la boite dans laquelle j’essaie de tout enfermer.

Je suis allée chercher une bonne partie de mes affaires chez lui, c’était triste, et puis lorsqu’il m’a vu ranger mon pull renard dans un sac, il m’a dit « mais qui va se moquer de ce pull maintenant ? », mot pour mot ce que je disais ici la semaine dernière. C’est étrange de continuer de ressentir un lien si fort et de savoir qu’il faut tout de même le rompre. Ca ne parait pas normal, contre nature.

Le temps s’est à nouveau mis au diapason de tout ceci.. Et puis tout de même il y a des tâches de couleur qui apparaissent dans la grisaille, parfois quand on ne s’y attend pas.

Mais ça y est, c’est officiel, je reste dans l’appartement de l’ami qui m’hébergeait à la base temporairement. Je continuerai de contempler la vue sur les toits de Paris qui m’enchante. Ma chambre est sous les toits et donne l’impression d’un petit refuge dans un chalet. Bientôt je pourrai y glisser mes livres qui cesseront d’être malheureux dans leurs cartons.

Et il y a toutes ces petites choses : sentir une présence le soir dans l’appartement, partager un thé le matin en discutant et manger le gâteau au chocolat qu’il a rapporté, partager un fou rire avec les collègues à la récréation, le sentiment certain en apprenant à découvrir une connaissance qu’il deviendra un ami, trouver une photo vieille de neuf ans de mon nouveau coloc et moi en ouvrant le premier carton et la mettre de côté, sentir la main d’un élève qui cherche la mienne lorsque nous partons à la piscine et me rendre compte qu’ils sont encore si petits, mes loulous, sentir le soleil qui réchauffe en sortant les écouteurs sur les oreilles, profiter du soleil aux tuileries avec une amie, le premier spice pumpkin latte, partager un cocktail improbable à la tomate et la mozarella, les amis qui prennent des nouvelles, et rentrer dans la douceur d’une belle journée dans les rues de Paris…

Ecouter le nouvel album des Libertines et tomber amoureuse d’une chanson dès la première écoute.

The milkman’s horse

Comme c’est étrange qu’une chanson en quelques phrases évoque si fortement ce que l’on ressent, et de savoir que lui aussi l’écoutera, cette chanson. Que même ainsi, tant de choses continueront de nous lier.
Mais dans cette chanson, entre la colère, la mélancolie et la nostalgie, il y a aussi de la douceur à la fin.

Get out of my dreams you scum, they weren’t meant for anyone, meant for anyone but me.

J’aime cette phrase, j’aime ce qu’elle renferme, tous ces sentiments contradictoires, mais au final, je trouve qu’elle est porteuse d’espoir.

Chaque jour, un petit pas est fait, et chaque jour le temps adoucit peu à peu les choses.

Passez une belle semaine !

Dimanche en photo

DSC_0593 DSC_0587Prendre de nouvelles habitudes, réapprendre certaines choses qui étaient si évidentes… Se retenir à chaque fois qu’on entend parler de quelque chose qui relie à l’autre de ne pas lui envoyer un message pour en parler…

Et puis chaque nouveau matin, voir cette nouvelle vue enchanteresse de Paris. Ecouter le soir pendant les chaudes nuits d’été finies il y a peu la douceur de l’air, sentir l’odeur de la pluie sur le zinc des toits de Paris. Passer devant les bars encore remplis en rentrant de soirée, entendre « Time of my life » de Dirty Dancing résonner et sourire en voyant des gens danser pendant que je rentre doucement dans la nuit noire. Sourire en réécoutant une chanson que je ne pouvais plus entendre ces dernières semaines. Avoir le cœur un peu serré en repassant pour voir une amie par un endroit où j’allais si souvent il y a deux ans et qui symbolise encore tant de choses.

Voir l’automne arriver avec de l’appréhension, car ramasser des feuilles mortes, partir se balader, faire les brocantes, mettre mon pull renard, tout cela aura un goût différent sans une personne qui se moque gentiment de moi tout en étant attendri.

Mais il reste cette vue, et il reste Sufjan qui murmure doucement dans mes oreilles quand je marche « Everything I feel returns to you somehow »