Je suis humain

Revenir à la réalité après quelques journées de cauchemar. Il y a eu tant de mots, de photos, échangés depuis l’annonce de ce qui était arrivé à Charlie Hebdo mercredi midi. Pendant plusieurs jours, plus rien d’autre n’avait d’importance…

Je suis si triste qu’on puisse s’en prendre à des êtres humains parce qu’ils osaient dire ce qu’ils pensaient et faisaient des dessins. Ou parce qu’ils ont l’audace de croire en une religion qui n’a rien à voir avec cette folie. Choquée qu’on puisse abattre de sang froid un policier à terre alors même qu’il lève les bras. Ou une policière dans le dos, de manière si lâche.

Il y a des gens qui ont dit « Je ne suis pas Charlie, je ne lisais pas ce journal », mais en entendant Je suis Charlie, en disant Je suis Charlie, j’entends « Je suis humain, et mon cœur saigne aujourd’hui, car 17 humains sont morts de la pire des façons possibles ».

Il y a eu tant de slogans, de dessins. Tout le monde en parle, mieux, alors aujourd’hui, j’ai envie d’autre chose, d’un poème de Victor Hugo. Sombre, mais porteur d’espoir. Car il y a eu des histoires incroyables, comme cet employé qui a caché des personnes dans un congélateur de la supérette pour les sauver, ou cet homme caché dans un carton qui communiquait avec la police dans l’imprimerie. Comme le message que veut faire passer l’humanité : nous n’avons pas peur et vous ne nous ferez pas taire.

Ô gouffre ! l’âme plonge et rapporte le doute.
Nous entendons sur nous les heures, goutte à goutte,
Tomber comme l’eau sur les plombs ;
L’homme est brumeux, le monde est noir, le ciel est sombre ;
Les formes de la nuit vont et viennent dans l’ombre ;
Et nous, pâles, nous contemplons.

Nous contemplons l’obscur, l’inconnu, l’invisible.
Nous sondons le réel, l’idéal, le possible,
L’être, spectre toujours présent.
Nous regardons trembler l’ombre indéterminée.
Nous sommes accoudés sur notre destinée,
L’oeil fixe et l’esprit frémissant.

Nous épions des bruits dans ces vides funèbres ;
Nous écoutons le souffle, errant dans les ténèbres,
Dont frissonne l’obscurité ;
Et, par moments, perdus dans les nuits insondables,
Nous voyons s’éclairer de lueurs formidables
La vitre de l’éternité.

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10 réflexions sur “Je suis humain

  1. Il est superbe aussi ce poème ! Quand Hugo « contemple », c’est grandiose…et l’on retrouve tant d’échos dans notre vie d’aujourd’hui, c’est ça le talent ! 😉

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